« ILS NE PEUVENT PAS FUIR. ILS VONT DEVOIR SE BATTRE. »
 
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 Identification || PV Gabriel

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Clochette Delinmaar
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MessageSujet: Identification || PV Gabriel   Sam 5 Jan - 13:41

Le Club – 23h58


    La musique était forte. Si forte, que l’on pouvait presque sentir les murs vibrer. Le regard dans le vague, Clochette pensait. A quoi ? A quand Gabriel arriverait. Elle ne pensait pas mériter pouvoir songer à autre chose. Tout ce qui se passait dans sa charmante petite caboche ne devait concerner que la « chasse ». Elle était en boîte de nuit. Et pourquoi ? Tout simplement parce-qu’elle était serveuse ici. Son patron n’était pas là aujourd’hui, elle en avait profité pour fixer rendez-vous à Gabriel. Se passant la langue sur les lèvres, elle aurait presque pût sembler fauve. Comme un loup qui sentait l’appétit monter en songeant à sa proie. Elle avait demandé au jeune homme de l’attendre au bar, elle viendrait le servir et engagerait la conversation avec lui. Elle ne savait pas très bien comment fonctionnait le pouvoir de ce dernier, et espérait qu’il puisse identifier son employeur à partir de photos. Ca n’était pas forcément le cas. En tout cas, son pouvoir était bien utile. Désarmer les gens de leurs atouts. Quoique… Le don de Clochette restait quand même opérant quand elle l’avait perdue. Sans émanations de phéromones particulières, elle en restait très séduisante. Enfin, ce n’était pas en sautant sur Gabriel qu’elle remplirait sa mission. Mais il fallait avouer que ce garçon était très… attirant. Elle qui ne pensait pas tomber amoureuse, elle réalisait quand même qu’elle pouvait avoir envie de faire l’amour. C’était humain, et ses modifications hormonales ne changeaient rien à ça. Cependant, elle savait qu’elle était très convoitée, et ce, même si elle n’utilisait pas son « atout ». Elle finit par tourner sur elle-même, ses rollers crissant sur le sol, et servit une boisson fortement alcoolisée à un client. C’était la lubie de Cindy, superviseur des serveuses, de les mettre sur rollers. « Ca donne un côté très : Mé-ta-phy-sique ! Allons les filles, vous savez bien que mon goût esthétique surpasse de loin le vôôôôtre ! Aller, au boulot bande d’ingrates ! ».. « Si t’as un si bon sens « esthétique », pourquoi tu te retrouves à trente ans dans un club mal-famé avec pour seule ambition dans la vie : donner un côté métaphysique à des gamines désœuvrées et débauchées, en utilisant des rollers comme instrument philosophique ? ». Enfin, Clochette s’était gardée cette réflexion, elle ne voulait pas être virée. « Patinant, elle continuait de zigzaguer en essayant de paraître la plus gracieuse possible. Elle n’eut aucun mal, faire semblant c’était un de ses nombreux talents en matière de mensonges. Sans le vouloir, elle bouscula un homme, e renversa les boissons par terre. Et zut ! Se tournant, elle sourit au grand costaud qui la regardait tantôt en colère, tantôt envieux. Dans un sourire charmant, Clochette usa de son don et, un battement de cil plus tard, le monsieur retournait tranquillement à sa place. Elle ramassa les verres et le plateau, et alla au comptoir en reprendre d’autres. Elle finit par resservir d’autres clients, et repéra un charmant jeune homme au comptoir. Roulant jusqu’à lui, elle posa une main amicale sur son épaule. Il se retourna, c’était Gabriel. Elle l’embrassa avec violence, donnant un aspect très érotique à leur « échange ». Voilà ! maintenant, personne ne se doutait de rien. Elle s’assit sur un tabouret vide, à côté du jeune homme, et garda sa main sur la tienne, avant de, à l’abris des regards, la retirer brusquement. Elle détestait cette démonstration de bons sentiments, ça la gênait et la répugnait à la fois. Jouer ce jeu avec un collègue était inutile au bout du compte et en plus c’était malsain. Dans un geste délibéré, elle attira sa main contre sa poitrine, de sorte à ce que les doigts du jeune homme effleurent son badge affublé de son nouveau nom. Il n’était pas vraiment au courant de son changement d’identité, et elle ne voulait pas qu’il l’appelle « Clochette » devant tout le monde. Elle, c’était « Ginny », et ça le restait pour le moment. Elle finit par relâcher la main de jeune homme, et lui sourit.

    -« Ouhouu ! C’est Moi ! Ginny Appleman ! Tu te souviens ? Ta petite amie ! »

    Les choses étaient claires, et il savait dorénavant quel rôle jouer ! Elle se pencha et ré-effleura ses lèvres. Ca ajoutait de la crédibilité. Dans ce genre d’endroits, si deux amants ne se bécotaient pas toute les trois secondes, c’était suspect. Dans un sourire, elle prolongea leur baiser. En plus, c’était agréable. Elle finit par se détacher de son visage, et attrapa son sac à main. Il fallait pour cela se pencher, et, dans un éclair de lumière, Gabriel pût observer son uniforme. Un mini T-shirt d’où dépassaient les bretelles de son soutien-gorge, et une mini-jupe en jean. Ils faisaient en sorte d’exhiber leur employés pour attirer du monde. Avec le corps de Clochette, ça n’était pas difficile. Elle finit par se tenir droite et sortit des photos d’une sacoche en jean. Un vingtaine de photos sur lesquelles apparaissait son employeur, Christian Donovan. Elles étaient toutes un petit peu floues, mais assez proches. Elle était douée pour espionner les gens. Mettant sa jolie main gracile sur une photo, elle sourit à Gabriel et s’approcha de son oreille, comme pour lui chuchoter quelque chose de pas très catholique. Ici, n’importes quelles affaire illégales étaient « permises », et aucun autre des serveuses ne tenaient réellement à se mêler des affaires de « Ginny », aussi louches soient-elles. Murmurant à l’oreille de Gabriel, en lui mordillant le lobe, elle lui demanda :

    -« Alors ? Est-ce que tu peux me donner ton avis à partir de photos ? »
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Gabriel Kellermann
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Sam 5 Jan - 14:11

    La musique était si forte que les tympans de Gabriel menaçaient d’exploser. Il n’avait guère l’habitude de fréquenter ce genre d’endroits, sauf lorsqu’il avait rendez-vous avec une « cible », et, encore, dans ces cas-là, il ne s’éternisait pas non plus. Les instants de fêtes n’étaient pas vraiment – voire même pas du tout – le domaine du jeune Kellermann, mais, bien heureusement pour lui, il avait cette formidable capacité à s’introduire n’importe où et à faire mine de se sentir comme chez lui. Capable de s’adapter à chaque situation et chaque environnement, il jouait merveilleusement au point de se faire passer pour n’importe qui, et surtout pour tout le monde. Confondu dans la masse, Gabriel Kellermann était n’importe lequel de ces jeunes, mais aucun de ces jeunes n’était pourtant Gabriel.

    De son habituelle sobriété « passe-partout » même ici, Gabriel ne se faisait ni extraverti ni introverti, et il se contentait seulement de progresser parmi toutes ces personnes qui, pour la plupart, l’indifféraient, tandis que l’autre partie le répugnait totalement. Pas une seule des demoiselles lui accordant tout sourire et tout doux regard n’eut quelques impacts sur lui, sinon qu’il se montre tout à fait courtois avant de s’esquiver. Etant sans doute plus indifférent au charme de ces jeunes demoiselles qu’un être humain normal ne le devrait, Gabriel n’était pas du tout le genre d’hommes que l’on abordait dans un bar pour finir la soirée chez soi. Humain, peut être, normal, jamais. Il ne se laissait pas freiner plus de quelques secondes, toujours poli, pas spécialement pressé, mais toujours détaché.

    Il finit par gagner le comptoir, et ne s’enquit pas une seule seconde de ce qu’il serait en mesure de boire. L’alcool. Un vice humain auquel il n’avait jamais cédé, et ce n’était guère aujourd’hui que cela allait commencer. Il s’était seulement installer sur le tabouret, posant son regard sur un point fixe qui n’avait aucune signification particulière et ne se laissait aborder par personne. De temps à autres, de jeunes demoiselles venaient prendre place à côté de lui, et, avec toute la courtoisie qui lui était propre, Gabriel les remerciait et elles avaient toutes – ou presque – la gentillesse de ne pas se faire prier plus longtemps. Il n’avait pas envie de jouer. Gabriel n’avait jamais envie de jouer. Surtout que ce soit, il attendait quelqu’un.

    Alors qu’il se pensait à peu près libre de toute « tentative », une main vint se poser sur son épaule, et il se retourna lentement. Il la reconnut immédiatement mais n’eut point le loisir d’avoir quelque réaction que ce soit que Clochette les avait toutes eu pour lui. Il fit mine de répondre à ce baiser, quoi qu’il n’en ait guère l’envie. Evidemment, la surprise était là, mais Gabriel donnait l’impression d’être parfaitement dans son élément, comme si rien d’étonnant ne venait de se passer. Heureusement qu’il comprenait mieux qu’elle n’expliquait. Et il marcha dans la totalité de son jeu, de A à Z, sans même broncher un seul instant, se laissant uniquement guider par les informations qu’elle lui intimait successivement avec discrétion. Il ne fallut qu’une réplique pour qu’il saisisse tous les traits du « personnage » qu’il devait incarner, et cela n’avait rien de bien compliqué.

    - Ce n’est pas comme si je pouvais l’oublier.

    Répondit-il simplement, dans l’esquisse d’un sourire totalement factice et qui semblait pourtant en tout point naturel. S’il était un art que Clochette comme lui maîtrisait à la perfection c’était bien celui du mensonge et c’était d’ailleurs confortant pour Gabriel. Mentir seul, c’était évident, mentir à deux pouvait être bien plus difficile et délicat. Quoi qu’il en soit, il était entré dans son jeu, et il la laissa agir à sa convenance. Lorsqu’un faisceau lumineux vint éclairer la jeune femme, le regard de Gabriel glissa sur elle avec indifférence avant qu’il se concentre totalement sur les clichés qu’elle lui montrait. Ce n’était pas du grand art photographique mais l’essentiel était là et il n’avait aucun mal à discerner de qui il s’agissait. Elle vint s’enquir près de son oreille des services qu’il pourrait lui rendre et, de manière à lui dispenser la réponse, Gabriel glissa légèrement de son tabouret vint effleurer de ses lèvres le cou de la jeune femme remontant ainsi fait pour répartir :

    - A partir de photos, je ne peux pas te dire ce qu’il « sait » faire. En revanche, je sais qui il est. Christian Donovan, vingt et un ans, et cela tu le sais. Selon quelques unes de mes informations, il n’apprécie pas vraiment sa condition « d’enfants » et, j’imagine que cela t’intéressera peut être davantage, il est épris d’une dénommée Dana Caldwell. Je ne peux rien t’apprendre sur ses « améliorations » sans le voir de mes yeux. Désolé.

    Sur ces quelques mots murmurés à une cadence soutenue, Gabriel se retira dans le même esquisse de sourire précédent, toujours aussi fictif, et qui ne semblait pourtant pas si faux et hypocrite que cela. De toute façon, il s’agissait d’un mensonge pour autrui, pas pour Clochette.
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Clochette Delinmaar
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Sam 5 Jan - 20:45

    Clochette frissonna au léger baiser de Gabriel. Ca la gênait. Elle fit tout de même en sorte de ne laisser filtrer aucune émotion et lui sourit, mais son air appréciateur se mua bien vite en une mine déçue. Elle n’était pas satisfaite des propos de son « collègue » et soupira. Celui s’excusa de ne pouvoir lui venir en aide et lui parla de Dana. Elle n’était pas au courant pour cette fille. Mais ça n’était qu’un obstacle. Un caillou dans chaussure, une poussière dans son œil. Bref, quelque chose de facile à concurrencer et à écraser avec aisance. Elle passa une main dans ses cheveux, l’air hagard. Ca l’énervait. Par rapport à ce qu’elle aurait pût obtenir du jeune homme, elle n’avait rien eu, si ce n’est le nom de la petite traînée qui lui « faisait de l’ombre ». Elle passa sa langue sur ses lèvres. C’était devenu un tic. Soupirant, elle le regarda s’en aller, lui adressa un sourire mi-hypocrite mi-sincère. Elle ne savait pas vraiment. Il lui rendit néanmoins ce sourire, et s’accouda au comptoir. Enfouissant son visage dans ses bras. Elle aurait pût grommeler quelques jurons, mais se retint. Elle finit par pousser un long soupir exaspéré, et, avec un air consternant d’arrogance, quelqu’un vint s’asseoir à ses côtés. Il avait l’air de quelqu’un de très… entreprenant. Il lui proposa un verre qu’elle déclina par un « Non merci, je suis de la maison ». L’homme était particulièrement insistant, et elle dût s’écarter en prétextant un client à servir. Roulant jusqu’au comptoir, elle se mit à astiquer un verre avec concentration. Très joli ce verre. Il brillait aux lumières du club, prenant des teintes tantôt violacées, tantôt rouges.. Elle finit par l lever et regarda les clients au travers. L’effet de loupe les déformait. C’était amusant. Elle les regarda, les uns après les autres. Elle aurait pût les tuer. On lui aurai demandé, elle l’aurait fait. Elle ne demandait pas spécialement à ce qu’on lui fournisse des réponses. Elle n’avait pas le droit d’exiger quoique ce soit. Elle était un outil, et elle ne méritait pas de changer. Mais si c’était mal ? Ci c’était ses employeurs qui se trompaient ? Si tuer ces gens n’était pas bien ? .. Après tout, c’était une question de point de vue. Et son point de vue à elle ? Pourquoi n’en avait-elle pas ? Est-ce qu’elle aurait dût en avoir un ? Elle grimaça, et, serra le verre avec force, le brisa. Elle saignait abondamment de la main. Il fallait qu’elle saigne, encore. Il fallait qu’elle chasse ces mauvaises pensées de sa tête. Elle attrapa un morceau de verre et commença à se lacérer la main, rougissant l’évier. Une collègue, affolée, finit par lui prendre les restes de verre des mains et les jeter plus loin sur le comptoir. Attrapant un torchon, elle saisit ses mains violemment ses mains en murmurant des « t’es folle.. t’es folle ». Ni une, ni deux, Clochette balança son poing dans la figure de sa collègue, et la fit tomber à terre. Certains clients avaient tourné la tête et la regardait. Elle resta là, à les observer. Ils la regardaient avec une pointe d’amusement et de gêne. Certain murmuraient « allez ! frappe la ! ».. Finalement, elle avait un point de vue. Il n’était pas mal de tuer ces gens. Ca n’était pas un crime. Pas quelque chose de bien, mais pas quelque chose de mal. Elle ne sourit pas. Elle avait juste l’air lassée, profondément lassée. Tout l’indifférait. Elle était immergée dans une neutralité des plus flagrantes. Elle roula le torchon en boule, et le jeta au visage de sa collègue, lui laissant pour empreintes quelques tâches de sang.

    -« Je prends ma pause. Demain, je serai malade. »

    Elle l’avait balancé fébrilement, sans vraiment faire attention à si on l’entendait ou non. C’était la première fois qu’une faille se faisait dans sa garde. Son rôle commençait à se fragiliser . jouer un jeu devenait fatiguant, terriblement fatiguant. Mais le pire, c’est qu’elle sentait que sa jolie petite vie d’esclave ne lui convenait pas. Elle qui se sentait si bien en tant qu’outil, elle avait la fâcheuse impression de valoir bien plus, et elle ne pouvait s’empêcher de se poser des questions, de se prendre pour quelqu’un. Oui, c’était mal. Pour qui elle se prenait à s’attribuer une conscience ? Elle ne tarda pas à replonger dans le rôle de la gentille serveuse toute sage. Arrivant aux vestiaires, elle enleva son mini T-shirt, et sa mini jupe, ses rollers et décrocha son badge. Elle se retrouvait en sous-vêtement. Dentelle noire, très provocateur, mais assez beau. Elle passa une main dans ses cheveux, et porta son index à ses lèvres. Elle le lécha timidement. Le sang avait ce goût de fer si étrange. Bon sur le coup, mais dégoûtant au final. Comme le sexe. Saigner c’était jouir. Elle soupira et passa d’autre habits, plus élégants. Une jolie robe vert pomme, des chaussettes montantes vert rayé rose, et des tennis rose fluo. C’était excentrique et pas si élégant que ça finalement. Mais bon, ça faisait partie de son rôle de gamine naïve. Elle se passa un gloss léger sur les lèvres. Elle était bizarrement innocente. Elle sourit gentiment au reflet qui se trouvait dans la glace qui ornait sa porte de casier. Une fois son uniforme plié et rangé, elle ferma brusquement son casier. Prenant sa sacoche en jean, elle passa un long manteau noir, s’arrêtant à ses genoux, et sortit. C’était assez amusant. Cette sobriété en haut, et cette hystérie en bas. Elle passa à côté de sa collègue, en pleurs, qui tentait tant bien que mal d’essuyer le sang sur sa joue. C’était minable. Elle continua de marcher avec cet air toujours aussi lassé. Elle en avait marre de jouer cette perpétuelle comédie. Tout allait mal ! Elle n’avait pas obtenu les informations voulues, elle n’avait toujours pas couché avec sa cible, elle avait commencé à penser par elle-même, et elle était fatiguée. Elle avait envie de se reposer. Dans un grand bruit sourd, il plût . Génial. Là, ça clôturait son mal-être. En plus y’avait de l’orage. Plus énervée que lassée, elle avança encore, et trempée, finit par s’arrêter. Bon, tant pis. Là c’était perdu d’avance. Elle n’avait plus envie de savoir où elle habitait. Elle ne voulait plus savoir comment elle s’appelait. Clochette, Cassandra, Ginny, Marie, Lily-Rose, elle en avait rien à foutre. Elle voulait pas être belle. Elle voulait pas être séduisante. Elle voulait pas être un cobaye. Elle voulait pas être exaspérée. Elle voulait pas ne pas vouloir. Elle voulait se foutre à poil, danser sous la pluie et chanter l’hymne américaine avec une faussa grenouille verte. Elle finit par laisser tomber son manteau au sol, se déchaussa, enleva ses chaussettes. Elle était trempée et elle n’en avait rien à foutre. Elle pouvait s’enrhumer, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle voulait continuer à faire des jeux de mots pourris. Elle voulait devenir présidente des Etats-Unis d’Amérique, être terroriste et caissière dans un sex-shop. Elle voulait fumer du papier journal, manger la porte de son appartement, elle voulait devenir tout. Le monde, l’univers, tout. Elle voulait être omnisciente et omniprésente. Elle voulait être morte. Elle finit par se mettre à courir, encore et encore. Elle devenait une none de l’anarchie, la plus belle des laideurs, la plus coupable des innocente. Dieu l’avait abandonné, et il avait réussi à la rendre heureuse de sa vie de merde. Elle n’était même plus humaine et pourtant elle se sentait bien. C’était nul ! Une espèce d’hybride, trop bien dans un corps totalement imaginaire. Une je-m’en-foutiste beaucoup trop impliquée dans la totalité de son être qui n’en était pas un. Elle finit par lever le regard vers le ciel et hurla, ses larmes se mêlant à le pluie.

    -« Je te rend tout ! Je te donne ma vie que je n’ai pas, la personne que je suis pas, les amis que je n’ai pas, les pensées que je ne pense pas… je te donne tout contre ce que tu veux. Je te donne tout contre rien ! Ne me donne rien, mais prend-moi tout ! Je t’en prie, je t’en prie ! je veux être libre d’être prisonnière.. pas le contraire.. »

    Elle avait terminé sa phrase dans un murmure, par terre, à sangloter. Elle en avait rien à foutre. Elle était pathétique, elle avait des sentiments, elle était humaine, mal-conditionnée, honteuse, belle, touchante, immonde, repoussante, dégoûtante, risible.. mais elle en avait rien à foutre. Qu’un autre con comme Gabriel où monsieur le directeur ne vienne lui dire : « Ressaisis-toi, sois robotique !’. Elle en avait rien à foutre. Ils pouvaient tous parler, prétendre que ne rien ressenti c’était définitif, que c’était mal d’être, nul de vivre, beau de mourir. Elle voulait être comateuse, entre deux, seule, qu’on lui foute la paix. Et elle allait continuer à pleurer. Elle n’était pas impressionnante, elle était indigne d’une quelconque estime, et alors ? Rien à battre. Elle avait envie de hurler : « Regarde ça Dieu, ou qui que tu sois ! Regarde ce qu’un de tes produits donne quand il fait une dépression ! regarde ce que ça donne l’être le plus inatteignable du monde ! regarde moi, et meurs.. Ou vis, j’en ai rien à foutre, perce-que ça me concerne. Je suis dans un délire colorée, et j’ai même pas besoin d’être droguée pour être plongée en pleine hystérie.. T’as vu, je suis surhumaine.. » Elle était recroquevillée par terre, et pleurait. Allongée au sol, elle laissa passer quelques minutes, peut-être une heure. Elle en avait rien à foutre. Rien à foutre ! Rien à foutre ! Rien à foutre ! Rien à foutre ! Elle regarder la pluie sur sa main, le sang, trouble, qui se mêlait à cette eau céleste. C’était beau, et reposant. Elle finit par fermer les yeux, sans ‘assoupir, juste mourir pendant quelque seconde. Elle l’avait mérité..
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Gabriel Kellermann
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Sam 5 Jan - 21:28

    S’il avait pu l’aider, il l’aurait fait, mais, malheureusement, Gabriel n’était pas un être au-dessus de tout, et comme tout a chacun, ses capacités étaient limitées d’une façon ou d’une autre, et il fallait bien qu’il se rende à l’évidence, sa principale limite était la distance, faute de quoi, la Manticora Corporation n’aurait eu qu’à le retenir au sein de la base militaire, lui ordonnant de trouver et de brider tous ceux qu’ils voulaient voir morts sous peu. Mais la réalité était bien là, comme tout être, il arrivait à un seuil où même la volonté n’y pouvait rien. De toute façon, ce n’était pas une question de bon vouloir ou non, il lui avait dit tout ce qu’il savait, soit vraiment pas grand-chose pour le coup. Ceci étant, Christian Donovan n’était qu’une expérience parmi tant d’autres, et, visiblement, il ne posait aucun problème pour le moment.

    Alors qu’il avait la ferme intention de sortir d’ici sur le champ, pour ne pas s’éterniser dans un endroit qu’il n’appréciait guère fréquenter, quoi qu’il n’en ressente aucun sentiment particulier, il se dirigea d’un pas prompt et décidé vers la sortie, évitant tout regard de jeunes demoiselles envieuses et désireuses, et surtout les petits sourires et les appels furtifs qui le mettaient dans une situation d’étrange indifférence. En temps normal, il se contentait de rester neutre, alors que là, il semblait ressentir la nécessité d’être indifférent pour ne pas céder à une quelconque émotion. Ceci dit, le résultat était le même : elles n’avaient aucun effet sur lui.

    Et, alors que tout portait à croire que la journée était finie pour lui et qu’il n’avait plus qu’à tranquillement rentré – comme il le faisait d’ailleurs très souvent car il était très peu avide de nuit – son regard tomba sur le fameux gérant du club. Comme toute personnelle exceptionnelle et digne d’attention, il était fortement entouré tant d’hommes que de femmes, et Gabriel s’arrêta dans son élan pour totalement se stopper à quelques mètres en biais de lui. Il lui porta un regard totalement neutre et fermé et après quelques secondes, il eut la réponse qu’il voulait : sphères énergétiques. Fort intéressant, mais en tout point inutile. En tous les cas, il avait laissé Clochette sans réponse, et pourtant, il les avait désormais. Ceci dit, il n’était pas certain que son devoir soit de les lui rapporter. Quoi que.

    Il prit rapidement sa décision et tourna les talons. Il alla en sens inverse et recroisa pour la énième fois les mêmes personnes ou plutôt les mêmes demoiselles qui semblaient commencer à croire qu’elles avaient une chance. Il fit encore une fois mine de ne pas les voir et avança jusqu’au comptoir où se donnait désormais un curieux spectacle qui laissa Gabriel de marbre. Le sang coula, les coups volèrent, les pleurs fusèrent et les murmures s’élevèrent. En tous les cas, la situation avait pris une tournure pour le moins inattendue et le jeune Kellermann se contentait d’observer la scène d’une position reculée.

    Il émit un léger sourire. Ce n’était même pas l’expression d’un quelque sentiment. Il en avait seulement eu l’instinct. Il suivit Clochette des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse totalement de son champ de vision. Invoquant le précepte de son « devoir » il tourna une nouvelle fois les talons et sortit une bonne fois pour toute du club. Ceci étant, son point de chute fut décidé tout autre, et il gagna sa voiture : une berline allemande d’origine noire. Il alla jusqu’au véhicule, ouvrit la porte et se glissa à l’intérieur dans une extrême discrétion. Il mit le contact sans l’envie de partir, et garda les yeux posés sur le club, ou plutôt sur les sorties. Gabriel n’avait pas tout à fait terminé l’entrevue en fin de compte.

    Et elle finit par reparaître. Tout du moins, elle sortit à son tour. Il la laissa prendre toute l’avance dont elle était capable à pieds, et ne chercha même pas à la rattraper. Il la considéra ainsi pendant plusieurs minutes, probablement non certain de ce qu’il devait faire. Clochette ne semblait pas du tout prête à recevoir la suite de ce qu’il avait à dire, mais était-ce pour autant une raison pour qu’il s’en abstienne ? Sans qu’il ne sache trop pourquoi, Gabriel mit le contact et démarra simplement. La pluie se mit enfin à tomber, et il ne fit qu’accélérer quelque peu.

    Si le spectacle du club avait semblé à Gabriel pour le moins inattendu, celui qui s’offrit ensuite à lui l’était encore plus. Il s’arrêta sur le trottoir en face de celui où elle s’était arrêtée et il contempla la scène profondément pathétique qu’elle lui offrait sans le savoir. En réalité, il n’était même pas capable de le ressentir ainsi puisqu’il se savait totalement ou presque dépourvu d’émotions et ainsi, il fut seul observateur et se contenta d’écouter patiemment. C’était sans doute accablant, mais lui n’en avait pas fini avec son devoir. Il redémarra, et s’en alla. Tout du moins, en apparence. Après quelques secondes, il fit demi tour et gagna la position où elle était toujours postée. Il ouvrit la fenêtre sous la pluie encore battante et posa les yeux sur elle.

    - Dieu n’existe pas. Monte donc. Ne me force pas à le faire pour toi.

    Ce n’était même pas une menace, mais il comptait bien ouvrir cette portière et la faire monter à bord de cette voiture si elle n’obtempérait pas. Il ne lui demandait rien, et elle ne lui demandait rien, ce qui était un parfait compromis. Gabriel comptait seulement lui indiquer le peu de choses qu’il savait désormais, après quoi, il n’aurait plus à invoquer une telle raison pour finalement lui venir en aide. Car, peu importe comme il le nommait, c’était exactement cela.
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Clochette Delinmaar
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Sam 5 Jan - 22:07

    ... Allongée sur le pavé, Clochette attendait qu’une voiture lui roule dessus, et l’emporte loin de tout ses songes. C’était énervant. Penser, c’était vraiment l’occupation la plus nulle qui soit. Elle avait pleuré et ça lui avait fait du bien. En fait, toute cette folie, ça devait être une manière maladroite d’exposer sa détresse, d’hurler au monde combien elle souffrait. C’était parce-qu’elle ne savait pas comment l’exprimer, ça devait être ça. Elle qui pensait son temps à être n’importe qui, elle commençait à disjoncter. En fait, elle n’aurait jamais dût penser. Ca la tuait. Parce-que son rôle dans cette « affaire » était incertain ? peut-être… Pour le moment, elle ne voulait plus être le joujou de qui que ce soit, ni être une manipulatrice froide et sans sentiments.. A quoi bon dire ce qu’elle ne voulait pas être ? Elle ne voulait rien être. Mourir aurait été la meilleure solution. Elle rouvrit les yeux et contempla la rue. Rien. Aucune voiture n’était capable de lui exploser le crâne, de répandre sa cervelle sur le pavé ? Mais où va le monde si personne n’a la gentillesse de mettre fin aux jours d’une blonde complètement explosée.. Un crissement de peux la tira de ses constatations, et, relevant la tête, elle aperçu une voiture. Allemande, noire. Très jolie. Si elle pouvait en avoir une comme ça elle aussi. Si monsieur le directeur l’avais vue comme ça, qu’aurait-il fait ? Elle sourit en imaginant une réaction, et sursauta à l’attente d’une voix familière. Elle avait presque oublié la voiture. Enfin, quoiqu’il en soit, Gabriel lui parlait et l’invitait à monter. Elle se releva, sans dire quoi que ce soit. Elle laissa ses affaires par terre, et contourna la voiture, pour arriver prés de la portière. Elle se baissa légèrement et observa son reflet dans le rétroviseur. Elle avait vraiment l’air de la dernière des barges. D’un geste de la main, elle remis quelques mèches de cheveux en place et ouvrit la portière. Avec une grâce naturelle, elle s’assit sur le siège de cuir. Elle était trempée et avait peu de salir la voiture. Elle sourit avec un air gêné à Gabriel, et, lorsqu’une goutte percuta le tableau de bord flambant neuf de la voiture, s’excusa en silence. Les mains sur ses cuisses, elle posa sa tête sur le dossier du siège, et plongea son regard glacé dans le paysage. Elle le regardait, fixe, et continua de penser. Elle avait commencé à se faire du mal, autant aller jusqu’au bout. Elle aurait peut-être dût devenir une actrice porno. Elle était jolie, bien fichue, et on s’intéressait à elle pour ça. Son pouvoir, écœurant, convenait parfaitement. Et puis, elle se considérait avec tellement d’estime, s’exhiber sans retenue ne l’aurait pas dérangée. Elle avait arrêté de pleurer, et serrer nerveusement sa main ensanglantée. Le sang ne s’était pas arrêté de couler, vu le nombre de plaies qu’elle s’était faite. Elle ne voulait pas tâcher le cuir de la voiture, ce n’était pas ses affaires. Ouvrant la fenêtre, elle y laissa pendre sa main. Le sang s’égouttait, troublant la clarté de l’eau. Elle ne voulait pas que Gabriel lui dise quoi que ce soit à propos de Christian, et le regarda, ce refus parfaitement lisible dans son regard. Qu’est-ce qu’il allait faire ? la jeter de sa voiture, voyant qu’elle ne voulait aucune de ses informations ? Elle voulait.. rien. Juste oublier, ne pas parler, ne pas penser, ne pas regarder, ne pas écouter, juste ressentir. Pieds nus, elle ramena ses genoux contre son menton, et enserra ses jambes de ses fins bras. Elle était la favorite du Directeur, la chouchou du prof. Elle était considérée comme une fille par celui qui donnait les ordres. Le plus puissant, le plus haut placé, le « Big Boss » avait confiance en elle. D’ailleurs, tout les autres la détestait à cause de ça. Pas qu’ils étaient indifférents, juste qu’ils la méprisait ou avaient pitié d’elle. Ils pensait tous qu’elle n’était importante que parce-qu’il l’aimait bien. Qu’aucune de ses capacités n’était réelle. Elle n’en avait proprement rien à foutre. Tout le monde pouvait dire ce qu’il voulait, penser ce qu’il voulait, oublier ce qu’il voulait, elle n’était rien et ne serait jamais rien. C’était mieux comme ça. Elle continua de regarder le par terre, toujours recroquevillée sur elle-même. Elle ne voulait rien entendre, et, lorsque Gabriel s’apprêta à dire quelque chose, elle posa son joli doigt sur ses lèvres, et le regarda avec cet air lassé qu’elle affichait de plus en plus souvent. Elle avait froid et grelottait, tremblante. Elle finit par ramener sa main contre sa poitrine, avant de fermer la fenêtre. Elle aurait pût essayer d’user de son don avec Gabriel, histoire e passer la soirée accompagnée, mais ce jeu ne l’intéressait pas. Et puis, elle avait trop de respect pour utiliser Gabriel. A propos de respect.. Est-ce qu’il l’estimait toujours ? Elle était si minable et pathétique … Son spectacle avait été affligeant, est-ce qu’il la prenait en pitié ? Pas qu’elle soit faible et espère qu’il l’apprécie bien, juste qu’elle haïssait qu’on ait pitié d’elle. Elle regarda Gabriel et, de sa voix fluette, demanda :

    -« Ton opinion à propos de moi… Quelle est-elle ? Elle a changé ? Je te fais de la peine ? »

    C’était sérieux, et il était évidant qu’elle posait cette question avec l’espoir qu’il ne la déconsidère pas. Elle aurait voulu se serrer dans ses bras. Pas pour Gabriel, pour l’homme. Juste pour qu’on la cajole, qu’on la rassure. Elle devenait une femme. C’était nul. Mijaurée, émotive et totalement dingue. Cette obsession qui relevait de la nymphomanie. Ce constant besoin de chaleur humaine. Ca la dégoûtait. Elle avait besoin d’être réconfortée. Pas besoin qu’on lui dise quoi que ce soit, ni qu’on l’écoute. Juste que l’on reste. A coté d’elle, qu’on ne la laisse pas. Elle fit un effort, et, courageuse, posa sa tête contre l’épaule de Gabriel. Aucun ambiguïté, juste l’envie d’un arrêt. Il n’avait rien à faire. Juste attendre, rester. Elle était devenue une pauvre petite chose, et la laisser en plan aurait été dur pour elle. Elle espérait ne pas encaisser un rejet abrupt de la part du jeune homme. Elle ravala sa salive et sentit les larmes lui monter. Elle se retint de sangloter, et gémît en silence. C’était fou la douleur qu’elle avait pût contenir des années durant. Elle balança, avec un sourire se tenta ironique :

    -« Désolée, je crois que je suis moins intègre que toi. »
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Gabriel Kellermann
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Sam 5 Jan - 22:34

    Contrairement à ce qu’il avait pu penser ou seulement oser prévoir, elle obtempéra sans broncher et contourna la voiture pour s’y engouffrer. Gabriel ne lui prêta aucun regard et ne laissa couler aucun mot. Il n’avait rien à voir ni à dire, il était seulement total fixé sur la route devant lui, rien d’autre ne semblait en mesure d’exister dans ce cadre-là, et c’était sans doute bien mieux ainsi. Il ne prenait même pas la peine de considérer Clochette d’une façon ou d’une autre, et ce n’était pas non plus de l’indifférence. Disons seulement qu’elle était assise à côté de lui mais qu’il se contentait d’observer un pesant silence, totalement consenti, comme s’il s’agissait de la plus grande de ses promesses.

    De toute façon, il n’avait rien à lui dire, et il n’avait rien à penser. Sur le moment, il se demandait même pourquoi il était venu jusqu’ici alors que finalement il ne lui devait rien. Gabriel ne devait jamais rien à personne – ou presque. Ce n’était même pas un écart de conduite étant donné qu’elle travaillait également pour Manticora Corporation mais rien dans toute l’éducation qu’on lui avait donné en vingt ans ne l’avait préparé à agir de la sorte. Il n’avait, encore une fois, aucun état d’âme et se contentait de faire ce qu’il nommait son « devoir », ni plus ni moins. Finalement, s’en tenir à ce qu’il devait n’était pas plus mal et c’était surtout plus simple.

    Il redémarra. Plus rien ne se faisait entendre mis à part la pluie battante et le bruit sourd du moteur allemand. Quoi qu’il ne sache pas ressentir quelque sentiment, il avait la sensation que ce bruit l’apaisait quelque peu, ou, tout du moins, l’aidait à se vider d’un maximum de pensées et d’informations. Il s’agissait d’une sorte d’exutoire, de confessionnal où il pouvait surtout libérer ce qui lui était inutile, et ce, seulement par la pensée et la conscience. Il tourna par deux fois sur la droite, mais n’ajouta guère plus de mots. D’autant que lorsqu’il croisa une fois le regard de la jeune femme pour pouvoir lui indiquer ce qu’il savait désormais, elle l’en dissuada d’un seul coup d’œil, et, étonnamment, il se tue et reporta son attention sur la route.

    Il pouvait invoquer tous les prétextes qu’il voulait, ce qui l’avait conduit auprès d’elle avait d’abord été ce fameux Christian, mais désormais, c’était parfaitement de son plein gré qu’il était là. Sinon, étant donné qu’elle ne désirait par savoir tout ce que lui avait appris, il n’avait plus qu’à s’arrêter et la laisser descendre. Il n’en avait rien à faire qu’elle salisse le cuir de sa berline, il n’en avait rien à faire qu’elle puisse paraître vulnérable ou pathétique, Gabriel s’était toujours efforcé de ne ressentir aucun sentiment pour mieux exécuter ce qu’on lui demandait. Et – pour ainsi dire – Dieu seul savait combien tout avait été bien plus simple ainsi fait.

    Gabriel observa son silence encore et encore, conduisant surtout. Il n’allait pas spécialement vite, mais ce n’était pas comme s’il allait lentement non plus. Disons que sa modération n’était probablement pas malvenue. Il se fixait avant tout sur la route, sur la conduite à tenir, et sur son objectif. Rien ne devait fonctionner autrement que par étapes et panification, et, là encore, il avait absolument tout prévu. Ou presque. Car, en effet, ne s’attendant pas à la question de Clochette, il due marquer un temps d’arrêt. Jamais on ne lui avait demandé quel intérêt il pouvait porter aux autres, et il n’imaginait pas que – surtout – elle puisse en venir à le questionner ainsi. Il répondit simplement, en toute sincérité et spontanéité sans quitter la route des yeux :

    - Je ne peux pas ressentir de pitié. Et je n’ai pas d’opinion.

    Avoir une opinion revenait à lui demander de penser, et, quoi qu’il en soit capable et qu’il ne s’en dispense que très rarement, Gabriel n’avait aucune opinion sur personne. La preuve, lorsqu’on lui demandait de tuer, il le faisait sans se questionner sur le « Est-ce bien ou mal ? », il le faisait et c’était tout. Il ne pensait rien de personne, ou plutôt si, mais il ne prenait jamais le temps de se le demander. Ce n’était pas vraiment important et quoi qu’il sache pertinemment que dans une partie de son esprit, il était capable de juger Clochette, il n’en disposait pas. Il ne pensait rien d’elle.

    Lorsqu’elle vint poser sa tête sur son épaule, Gabriel n’émit aucune réaction. Il n’était parcouru par aucune sensation, et n’avait aucune pensée capable de décrire quoi que ce soit. Rien, le néant. Pas tout à fait, mais toujours était-il qu’il ne fit rien d’autre que continuer à conduire et malgré qu’il ressente – car il en était parfaitement capable mais l’occultait toujours – une sorte de sensations encore inconnues quelques secondes après, il n’eut qu’un sourire parfaitement dénué de sentiments. Rien. Etrange, certainement. Inattendu, également. En tous les cas, il eut une réponse :

    - Je n’ai pas besoin d’intégrité.
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Clochette Delinmaar
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Dim 6 Jan - 12:51

    Clochette eut un sourire à la remarque du jeune homme. Avait-il seulement besoin de quelque chose ? Elle soupira doucement. Elle commençait à se calmer. De plus, comme il lui avait dit précédemment, il n’avait pas d’opinion. Oui, peut-être, mais ça ne l’empêchait pas de lui dispenser une quelconque remarque d’un point de vue professionnel. Après tout, sans opinion, il avait quand même un libre arbitre, non ? Elle fixa la route, devant eux. IL devait être prés d’une heure du matin, et ils roulaient, sous la pluie. Les lumières des voitures grossissaient, devenant aussi floues et lumineuses que des étoiles. De jolies étoiles de toute les couleurs. Rouge, oranges, blanches… Que c’était beau une ville de nuit ! La pluie coulait le long des fenêtres, sur le pare-brise, et à peine les essuie-glaces étaient-ils passés qu’ils devaient se ré-atteler à la tâche. Clochette aimait cette vision, et ce bruit…. Le clapotis de l’eau contre les vitres, le grincement des essuie-glaces, le ronronnement du moteur, le souffle violent des autres voitures roulant à toute vitesse, et puis… Son cœur, qui battait. Elle pouvait le sentir. Est-ce qu’il était spécial ? Elle sentait son cœur, elle en avait un. Doucement, elle approcha sa tête du torse de Gabriel, et colla son oreille là où son cœur aurait dût être. Il battait lui aussi, mais moins vite qu’elle. Comme si il était froid, indifférent, effroyablement calme. A l’instar de Gabriel, Clochette n’était pas aussi… Forte. Son caractère ne pouvait se résigner à ne pas penser, et elle ne pouvait pas endurer ce constant silence. Elle ne pouvait pas rester là, docilement, à suivre les ordres. Du moins, elle ne pouvait plus… En fait si. Elle ne voulait plus, mais elle pouvait. Et d’ailleurs, elle allait continuer à le faire, ne serait-ce que pour monsieur le directeur. Sa tête revint prendre place contre l’épaule de Gabriel. Ils ne disaient plus rien, et ce silence était étrangement réconfortant. Elle ne voulait plus avoir à dire quoi que ce soit.


    Elle n’avait même plus honte du spectacle de débauche mentale qu’elle avait offert à Gabriel. Elle était surhumaine, conditionnée, c’était normale d’être aussi mal lorsqu’on évacuait tout ses sentiments… Du moins, elle espérait. Quand Gabriel lui avait dit qu’il n’avait pas d’opinion, elle l’avait cru. Elle aussi n’en avait pas. Elle aurait voulu en avoir un, mais s’en empêchait. Sans doute qu’elle était moins bien éduquée que Gabriel. Enfin, c’était normale. Elle, elle était la favorite, celle que Monsieur Le Directeur appréciait plus que tout. En y repensant bien, il avait beaucoup d’humour Monsieur le Directeur. Elle sourit en repensant à une de se blagues. Il aurait été un bon père…. Peut-être avait-il des enfants ? Et elle, est-ce qu’elle était une enfant ? Est-ce qu’elle avait des parents ? Oui, inévitablement… Mais qui étaient-ils ? Etaient-ils en vie ? Non, sinon ils l’auraient cherchée et retrouvée. C’était ce qu’étaient sensés faire des parents, non ? Elle ferma les yeux… Gabriel avait eu des parents lui aussi… Est-ce qu’il avait souhaité les retrouver ? Clochette non. Elle n’avait jamais voulu être avec eux. Elle était heureuse comme elle était. Quoique.. Probablement que non, vu la scène à laquelle elle s’était livrée. Ca avait été théâtral. Mais en fait, la question se posait… Etait-elle heureuse ? Devait-elle l’être ? A quoi servait-elle ? … C’était compliqué et elle ne voulait pas y réfléchir. Probablement qu’une fois sortie de cette voiture, elle rentrerait chez elle, prendrait une bonne douche et redeviendrait cette merveilleuse comédienne attendant la moindre occasion pour tuer Christian. Elle ne se demanderait pas pourquoi, elle le ferait. Juste parce-qu’on lui a demandé. Elle mettrait son corps au service de cette cause, se souillant pour son « père », devenant une meurtrière pour lui. Elle n’estimait pas ça mal, mais elle n’estimait pas cela bien non plus. Elle n’était pas heureuse de jouer la gentille fille et de coucher avec des gens dont elle se fichait éperdument. Combien lui étaient passés dessus ? Elle frissonna, cette question la gênait… C’était comme si elle avait honte de ses méthodes de travail. Comme si elle avait encore un peu d’estime pour elle-même. Elle aurait voulu ne plus être comme ça. Ne plus user de ses charmes pour une cause qu’elle ne jugeait pas. Réduire son corps à l’état de simple outil la dérangeait. Elle n’avait pas envie de continuer de jouer la comédie, et de faire l’amour avec n’importe qui. On lui en demandait peut-être trop.. Et puis, avait-elle le droit d’avoir des envies ? Décidément, elle était comme un aquarium. L’eau qui remplissait cette aquarium était la loyauté, l’inaction mentale, la ferveur en son « père ». Et une faille s’était faite en l’aquarium, et l’eau coulait peu à peu. Elle serait vide un jour ou l’autre, i on ne colmatait pas la fissure. Elle sourit pensivement, et sans regarder Gabriel, murmura :

    -« Tu es le plus intact des aquariums, je pense… »

    « Je pense ».. Avait-elle eu tort de le dire ? Ca prouvait qu’elle avait une opinion.. Peut-être que Gabriel allait la soupçonner de trahison. Il allait penser qu’elle ne serait bientôt plus aussi loyale qu’avant. Il allait la tuer ? Non, il aurait Monsieur le Directeur sur le dos. Eliminer sa favorite ne lui ferait pas du tout plaisir, et elle ne pensait pas que Gabriel veuille se mettre à dos un tel, ennemi. Gabriel avait-il comprit sa remarque d’ailleurs ? Elle ne pensait pas, c’était tellement bizarre comme métaphore.. Elle était bien ici. La voiture était chauffée, le temps catastrophique mais reposant, l’heure avancée, son compagnon d’infortune agréablement muet. C’était super. Finalement, elle aurait pût tuer n’importe qui, faire l’amour avec n’importe qui, pour revivre un moment comme celui-là. Elle passait le même style de moment avec Monsieur Le Directeur. Décidément, elle était résolue à continuer à suivre les ordres, et elle savait maintenant un petit peu mieux pourquoi elle le faisait. Elle avait une espèce de motivation, alors autant en profiter. Elle renonça à poser des questions à Gabriel, elle connaissait déjà les réponses.. Pourquoi tu fais ça ? « Je n’ai pas besoin de le savoir. » ; Pourquoi tu ne dis rien ? « Je n’ai pas besoin de dire quoi que ce soit. »… etc. En fait, il était assez reposant comme garçon, et son silence était aussi voulu que profitable. Il ne pensait pas. Dommage, parce-qu’il avait l’air d’avoir beaucoup d’esprit. Décidément, si il avait pût penser à la place de quelqu’un d’autre, ça les aurait aidés. Elle restait néanmoins satisfaite de cette entrevue. Elle finit tout de même par grincer des dents : Elle avait toujours aussi froid. Elle n’allait pas emprunter quoique ce soit à Gabriel sans qu’il ne le lui propose, ça ne se faisait pas…
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Gabriel Kellermann
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Dim 6 Jan - 13:38

    En effet, Gabriel n’avait besoin de rien. Jamais. Vivant dans une sorte d’autarcie humaine, il ne dépendant de rien ni personne, étant donné que, toute sa vie durant, il avait été conditionné selon des critères extrêmement précis qui lui permettaient tout simplement de ne plus avoir besoin de ce qui semblait « vital » aux autres, se le fournissant lui-même.

    Exemple, il ne ressentait pas le besoin d’avoir une vie sociale. Ne voir personne et ne parler à personne ne lui aurait posé aucun problème dans la limite où il y avait toujours été habitué. Evidemment, il avait besoin de respirer, de boire et de manger mais c’était tout simplement substantif car il n’emmagasinait que le minimum. Un verre d’eau pouvait le remettre d’aplomb sans souci et il pouvait aisément se passer de moins d’une dizaine de repas sans en subir quelques conséquences sur son physique.

    Autre exemple, il n’avait même plus besoin d’autorité. Manticora Corporation n’avait plus besoin d’exercer un contrôle omniprésent sur lui car il était totalement dépendant de ce qu’il avait appris par le passé. Obéissant à l’extrême, si on lui avait demandé de se suicider, il ne fait aucun doute que Gabriel n’aurait pas hésité une seule seconde. Il était totalement soumis au « conditionnement » puisqu’on ne pouvait appeler cela « éducation ». Ayant grandi de cette façon, il n’avait donc nul besoin de se poser des questions. Il faisait. Et c’était tout.

    Lorsqu’elle s’approcha de son torse, Gabriel garda la sensation d’être totalement absent. Comme s’il était incapable de percevoir une sensation justement. En réalité, l’être qu’était Gabriel William Kellermann était bien plus complexe et toutes les émotions qu’il se disait incapable de ressentir étaient terrées quelque part dans son corps et son esprit, alors qu’il s’appliquait finalement à toujours les occulter, puisqu’il ne pouvait pas les supprimer. Tout n’était qu’une histoire d’illusions et là où l’on pensait qu’il était incapable de penser par lui-même, l’on s’égarait car Gabriel savait pertinemment ce que le genre humain était en mesure de faire, à commencer par ressentir un certain nombre d’émotions. Mais, lui, il s’en protégeait toujours pour ne pas être vulnérable comme tout a chacun.

    Il savait qu’elle recherchait son cœur. Et il en avait un. Car, avant d’être le fruit d’expérimentations et de modifications génétiques, il était avant tout et surtout un homme. Son rythme cardiaque n’était pas influencé par ce qu’il pensait ou ressentait, si bien qu’il était plus lent et sans doute plus apaisé que la moyenne. Gabriel n’avait pas besoin de laisser entrevoir quelque contraste en son esprit, et tout pouvait se ressentir dans certains symptômes physiques propres à un homme normal.

    Il conduisait sans penser. Il savait qu’en revanche Clochette était tourmentée et il n’appréciait pas réellement cela. En fait, il n’était pas capable d’apprécier ou déprécier quiconque ou quoi que ce soit, mais il savait que ce qu’elle vivait allait à l’encontre de ce qu’elle était sensée faire. Le sens du devoir lui murmurait de la compromettre, le sens de la loyauté lui murmurait de lui dispenser un discours arbitraire, et le sens d’un autre précepte qu’il ne reconnaissait pas lui disait de se jouer indifférent. C’était l’une des rares fois où il pouvait hésiter entre les alternatives que son conditionnement lui donnait, sans savoir si le troisième avait un jour été un des préceptes qu’on lui avait inculqué.

    La remarque de la jeune femme glissa sur lui sans qu’il n’ait aucune réaction. Il était difficile de savoir à quoi elle pensait exactement et quoi qu’il eut quelques idées, Gabriel ne préféra pas appuyer une quelque réflexion ou savoir ce que faisait le fond de cette pensée. Il n’était probablement pas préférable qu’il comprenne, en tous les cas, il n’en savait rien, et n’avait aucune envie de savoir. Ce n’était pas nécessaire, et elle n’avait nullement besoin d’en dire plus. Il se contentait de conduire et tentait à la fois de voir au-delà ce qui se présentait sous ses yeux.

    - Pourquoi « penser » ?
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Clochette Delinmaar
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Dim 6 Jan - 15:02

    Clochette blêmît. La question que venait de lui poser Gabriel était assez.. Bizarre. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait dit ça. C’était… Inconscient. Elle ne répondit pas, et chercha à comprendre d’abord. Enfin, continuant de grelotter, elle cherchait d’abord un moyen de se réchauffer, et monta le chauffage de la voiture. Voilà, ça irait bientôt mieux. Elle finit par reposer sa tête contre le dossier du siège et regarda la route. Penser.. Pourquoi avait-elle dit ça ? Peut-être parce-qu’elle pensait justement. C’était mal ? Peut-être… Elle se posait des questions si simple et fondamentales que la réponse était forcément complexe. En fait, elle était encore une enfant. Elle avait accompli des actes odieusement adultes, mais dans son mode de pensée, c’était une gamine. Elle n’avait rien apprit, elle se contentait d’exécuter les ordres et, finalement, elle se posait des questions. Elle n’aurait jamais dût. Mais Clochette était une enfant très curieuse. Passa un doigt timide sur ses lèvres, deuxième tic, elle continua de réfléchir. Rien qu’en se demanda pourquoi elle pensait, elle pensait, même si elle devait penser de ne pas penser que penser ne devait pas se faire.. Elle eut une profonde envie . Ouvrir la portière et se jeter de la voiture en espérant que quelqu’un l’écrase. Ca aussi, elle ne devait pas y penser. Un bon soldat ne se tue pas, à moins qu’il n’en ai reçus l’ordre. Elle aurait sûrement pût être aussi « froide » et « butée » que l’était Gabriel, mais il avait fallut que Monsieur le Directeur la traite différemment des autres. Peut-être que ses troubles venaient de là.. Peut-être…


    La joue contre la vitre froide et embuée, Clochette sentait sa tête cogner à chaque fois que la voiture surmontait un obstacle. Un dos d’âne, un pavé mal cimenté… Pourquoi est-ce qu’elle pensait. Bon, au moins, elle savait qu’elle pensait, c’était déjà ça. Ensuite, fallait-il penser ? Ca, elle n’en avait aucune idée. On ne li avait jamais dit qu’elle devait le faire. St-ce qu’on le lui avait interdit ? Pas réellement non… Et puis, son point de vue sur les autres. Elle appréciait Monsieur Le Directeur. Ca voulait dire qu’elle pensait. Lui aussi l’appréciait. Ca voulait dire qu’Il pensait. Monsieur le Directeur pensait, alors elle aussi elle avait le droit, non ? Non. Il ne fallait pas. Elle ne devait plus penser. Elle allait changer si elle pensait, et peut-être qu’elle ne plairait plus à Monsieur le Directeur une fois changée. Au final, son monde tournait autour de Monsieur le Directeur… Y’avait-il d’autres personnes qu’elle appréciait ? Oui… Gabriel, notamment. IL était agréable. Pas gentil, mais pas méchant. Elle ne le connaissait à peine, elle savait juste qu’il était efficace et qu’il l’était au moins autant qu’elle. Ils n’avaient pas les même méthodes. Elle utilisait plus de la finesse que lui, et était moins violente. Mais elle mettait plus de temps. A ce qu’elle avait entendu, il faisait son travail très proprement. Sans émotion, sans rien. Juste un mort, et puis s’en vont. Elle, elle tissait sa toile. Comme une araignée. Elle engluait sa cible dans des fils aussi invisibles qu’indolores, elle lui apprenait à l’aimer, puis elle le tuait. Peut-être que ‘était pour ça qu’elle était moins bien conditionnée que gabriel. Elle faisait un travail qui tournait autour des sentiments, et ainsi, elle arrivait à en éprouver. Faire semblant, ça l’amenait à parfois trop se fondre dans le moule du personnage. Après tout, elle qui n’avait aucune personnalité, il ne lui était pas difficile de devenir quelqu’un d’autre. Elle mentait avec facilité, elle séduisait avec facilitait, elle tuait avec facilité. Seuls les actes les plus odieux lu étaient faciles. Enfin, odieux, c’était ce que penserait monsieur n’importe qui. Elle, elle ne les qualifiait pas. Elle se fichait qu’ils soient mal ou bon, de toute manière, elle ne voulait pas prendre en considération ces deux extrêmes. Il n’y a ni bien, ni mal. Juste de l’utile et de l’inutile. Et elle ? Elle était utile ou inutile ? … Décidément, penser c’était fatiguant. Elle finit par tourner la tête vers Gabriel et lui répondit, doucement :

    -« … Parce-que.. je suis une vilaine fille. Je pense, et je pense que tu ne pense pas.. »

    Sa réponse était bizarre, et pas très claire. Elle était une vilaine fille parce-qu’elle pensait alors qu’il ne fallait pas, mais elle pensait qu’il ne pensait pas, parce-qu’elle lui reconnaissait le « mérite » d’être bien conditionné. Mais est-ce qu’elle pensait réellement ? Après tou,t c’était quoi penser ? Elle avait juste réfléchis. De plus, elle jugeait, puisqu’elle pensait qu’il ne pensait pas. Non, penser c’était vraiment gênant. Elle soupira avant de continuer à regarder la route. Est-ce qu’il arrivait à Gabriel de penser ? On aurait dit que non, mais est-ce qu’il était réellement sans états d’âme ? En tout cas, elle ne voulait pas qu’il change. Ca aurait été problématique pour lui aussi, et elle voyait mal Gabriel piquer une crise aussi bizarre que la sienne. Bon, qu’est-ce qu’elle allait faire maintenant ? Est-ce qu’elle allait continuer à tuer des gens sans se poser de questions ? Et puis, cette fois elle ne s’attaquait pas à des gens hauts-placés, mais à des personnes dotés de changements. Peut-être allai-t-elle mourir.. Quelque part, elle en serait soulagée.. Quelque part..
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Dim 6 Jan - 17:36

    - Tu as tort.

    Gabriel s’était exprimé en toute clarté et netteté, avec une élocution modérée, une intonation sobre, simple et neutre, et imposait ainsi ses propos comme une vérité d’ordre parfaitement général et ainsi totalement irrévocable. Il n’avait pas pour autant quitter les yeux de la route, et semblait toujours autant détendu, interdit, seulement fixé sur ce qu’il faisait, sans pour autant avoir l’air totalement dépourvu de vie. En réalité, si sa cage thoracique ne s’élevait pas au fur et à mesure de sa respiration, on aurait pu croire que Gabriel était parfaitement mort, et depuis un moment de surcroît.

    Il accéléra légèrement, et tourna de nouveau à droite. Il savait que son rythme cardiaque venait de légèrement s’accentuer et s’il avait pu, il n’aurait pas du tout aimé cela. En revanche, totalement incapable d’apprécier ou de déprécier quoi que ce soit, Gabriel n’avait pas changé, tentant seulement d’être certain que parler avait été la meilleure chose qu’il avait pu faire. Ce n’était pas nécessairement clair pour elle, mais en tous les cas, tout l’était bien trop pour lui. Il avait besoin de connaissance limpide et transparente, mais il ne pouvait pas s’empêcher d’émettre ce que l’on nommait communément doute et que lui disait « offense ». Il continua cependant :

    - Tu peux penser, je le peux aussi.

    Ce n’était pas spécialement explicatif mais il s’accordait cependant au fait qu’il était en tout point légitime qu’elle se mette à penser par elle-même. Gabriel lui-même avait cette possibilité et aucun précepte de Manticora Corporation ne le leurs interdisait, à partir du moment où ils obéissaient bien sagement. La preuve, beaucoup d’enfants de Manticore agissaient selon leur libre arbitre, négligeant plus ou moins les ordres, ceci étant, Gabriel n’avait jamais ressenti le besoin d’avoir ce que les autres nommaient « liberté » et que lui appelait « difficulté ».

    - Ce n’est pas un mal mais tu en connais les maux.

    Paradoxal, peut être, mais il ne faisait qu’énoncer ce qu’il voyait comme une vérité. Il ne quittait toujours par la route des yeux et se contentait de conduire au mieux, en étant toujours aussi détaché que possible tout au long de ses phrases, toujours extrêmement brèves. Il ne semblait pas chercher à démontrer quoi que ce soit, mais seulement rappeler à Clochette ce qui faisait leur conditionnement à tous les deux. Cependant, tout le monde n’était pas obligé de se comporter de la même façon, surtout pas eux deux.
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Clochette Delinmaar
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Dim 6 Jan - 19:10

    Clochette ne broncha pas lorsque Gabriel lui dit qu’elle avait tort. Elle avait tort.. Tort à propos de quoi ? Tort de penser ? Tort de penser que Gabriel ne pensait pas ? C’était assez vague comme réponse. Elle écouta ses dires silencieusement. C’était troublant. Elle n’avait jamais vraiment entendu Gabriel parler autant, et là encore, il conversait avec elle d’une manière très modérée. Depuis quand le connaissait-elle déjà ? Comment s’étaient-ils rencontrés ? … Elle savait que ce n’était pas un hasard. Elle fronça les sourcils et tenta de se souvenir...


    Souvenirs, souvenirs :
    Chapitre un : Utile et Utile.

    Riant légèrement à la remarque de Monsieur le Directeur, Clochette pencha la tête de côté et sourit. L’homme lui adressa un sourire chaleureux, appréciant cette mine réjouie. Il finit par se lever, posa son portable sur une table de verre, et invita Clochette à se lever. Elle s’exécuta. Monsieur le Directeur avait la cinquantaine, et il la traitait comme si elle avait été sa fille. Il lui annonça qu’il avait quelqu’un à lui présenter. Il s’approcha de l’interphone et, appuyant sur un bouton, s’adressa à un de ses sbires. Il lui demanda de « le » laisser entrer. L’homme se tourna et sourit à Clochette, qui lui rendit son sourire ave douceur. Décidément, ces instants étaient magiques. Elle était heureuse lorsque Monsieur le Directeur la faisait rire, et elle se fichait éperdument de ce qu’elle devait faire pour pouvoir apprécier ces moments. Au bout d’un moment, un tintement se fit, et les portes glacées de l’ascenseur s’ouvrirent. Encadré par deux homme en costume noirs, un jeune homme, bien moins âgé que Monsieur le directeur, se tenait devant eux. Il était beau, mais étrange. Elle pouvait entendre le cœur des deux autres hommes battre, comme si elle arrivait à sentir la vie en eux. Mais lui, rien. Comme si il était mort. Ce fut l’impression qu’il lui donna. Il empestait la mort. Pas le sang, la mort. Une froide mort. Elle baissa les yeux, intimidée. Ca ne lui arrivait pas souvent ce genre d’attitude, mais cet homme était spécial. Monsieur le directeur, de l’index, lu fit doucement relever le menton, et elle plongea son regard dans celui de l’homme en face d’elle. Rien n’existait plus désormais, il n’y avait qu’elle et cet homme. C’était comme si tout avait disparu, et qu’eux seuls subsistaient dans un espace vide de toute influence matérielle. Bizarrement, c’était comme si ils se comprenaient. Deux animaux qui se cernaient, s’observaient, s’analysaient. C’était ce qu’ils étaient. Des animaux. Ils avaient tué, mis fin aux jours de personnes humaines, sans raisons particulières. Ca, ça n’était pas animal. Mais ils avaient tout deux un besoin de survie. Plus refoulé selon la personne, certes, allant jusqu’à être royalement ignoré, mais il était bien là. Clochette était souvent comparée à une veuve noire. Elle piégeait sa cible dans une toile de mensonges plus solides et collants les uns que les autres, et, le moment venu, rompait tout ces fils de rêve, et elle tuait sa victime, comme ça, proprement, sans ressentiment. Elle était considérée comme une personne horrible, car elle ne se permettait pas de juste les tuer, elle allait jusqu’à faire en sorte qu’ils lui fassent confiance, arrivant même à l’aimer. Le plus souvent elle les étranglait, sentant le cartilage craquer sous sa poigne de fer, leur souffle les quitter, les battements de leur cœur s’accélérer pour finalement ne plus exister, et leurs yeux se révulser. Elle avait toujours détestait faire ça. Regarder sa victime dans les yeux, et la tuer. Cette personne qu’elle avait longuement côtoyé. C’était douloureux…. Elle continuait de regarder l’homme avec insistance, comme si elle allait lui sauter à la gorge. Et pourtant, personne n’était plus doux et gentil que Clochette. Elle sourit à l’inconnu, et son regard s’adoucit. C’était assez étrange. Elle qui avait tué plusieurs personne, de la manière la plus horrible qui soit, elle avait l’air d’une sainte. Le plus beau sourire qui puisse exister. Monsieur le Directeur rompit le silence et balança, de sa voix devenu sèche et intransigeante :

    -« C’est Gabriel. Je lui ai demander de t’être utile. Si tu as un quelconque problème, fais appel à lui…… Nous allons maintenant vous laisser faire connaissance »

    Sur ce, il adressa un geste de la main aux sbires, et les rejoins dans l’ascenseur. Les portes se fermèrent, laissant Gabriel et Clochette seuls. Ils restèrent là à se regarder, ne disant rien. Elle finit par tirer une chaise, et s’assis sur une autre. Gabriel, comprenant son invitation, vint s’asseoir à la table, et resta là. Ils ne dirent rien de plus. Elle finit par lui demander quelle était sa « capacité ». Il lui répondit de la manière la plus linéaire qui soit, expliquant en détail à quoi son don servait. C’était scientifique, on aurait dit un professeur. Le genre de professeur sévère qu’elle voyait à la T.V, quand Monsieur le Directeur la lui laissait regarder. Elle émit un petit rire, ni moqueur ni méchant, juste amusé. Gabriel l’avait alors regardé d’un air étonné, l’espace d’un instant, puis avait replongé dans cette étrange neutralité. Ne parlant pas, ils avaient laissé une dizaine de minutes s’écouler sans rien dire, et Clochette s’était finalement levée, en murmurant :

    -« Je vais faire du thé. »

    Il avait juste acquiescé, sans vraiment l’en remercier. Peut-être n’aimait-il pas le thé… Quoiqu’il en soit, elle évita de lui demander, de peur d’encaisser un nouveau regard blasé. Il lui aurait répondu froidement. Il ne parlait pas beaucoup. Elle ne l’en blâmait pas. Certaines personnes parlaient tellement qu’elle rêvait de leur briser la mâchoire. Elle était un peu violente dans le fond. Elle vint se rassoire aux côté de Gabriel et lui sourit. Il lui rendit son sourire, mais il se forçait. Elle le sentait. Il était timide ? Non, juste qu’il estimait perdre son temps, peut-être.. Elle le regarda avec amabilité, et un sifflement aigu retentit. Elle se leva doucement et alla à la cuisine. Revenant avec un plateau, elle le déposa sur la table de verre, et posa une tasse de thé devant gabriel. Le thé fumait, il était brûlant. Elle sirota légèrement la boisson, et Gabriel faisait de même. Il aimait peut-être le thé finalement. Ou il se forçait. Elle lui sourit de nouveau, le trouvant poli, et il ne parut pas comprendre pourquoi elle lui adressait cette mine amicale. Il lui rendit quand même et elle rigola. Il lui adressa pour la deuxième fois un air interloqué, mais se ravisa de poser quelque question que ce soit. Ou peut-être n’en avait-il absolument pas eu l’intention. Quoiqu’il en fût, on vint le chercher cinq minutes plus tard, et Clochette dut terminer de boire le thé seule.

    Souvenirs, souvenirs, Fin.


    Clochette sourit à ce souvenir, et elle rit doucement, avant de coller de nouveau sa joue contre la vitre. Gabriel avait toujours été aussi silencieux il lui semblait. Du moins depuis qu’elle le connaissait. Ca devait faire prés de cinq ans. Elle pouvait lui faire confiance, du moins, elle espérait. Est-ce qu’il se souvenait de cette rencontre ? .. Elle oui. Peu à peu, ils ne s’étaient plus vouvoyés, et s’étaient tutoyés. Comme si ils se considéraient égaux. Elle, elle avait plus de respect pour lui qu’elle n’en avait pour elle-même. Elle soupira, heureuse. Gabriel était vraiment génial, aussi silencieux fut-il. Elle le regarda, un air complice dans le regard, et lui demanda, de sa voix douce :

    -« Dis Gabriel, tu aimes le thé ? »
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Gabriel Kellermann
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Dim 6 Jan - 19:39

    - J’aime tout. Je n’aime rien.

    Une autre réponse aurait été tout simplement un mensonge. Il ne fallait jamais oublier que Gabriel n’était pas en mesure de ressentir quoi que ce soit, tout du moins, il ne s’en donnait pas le droit ou le devoir. S’il ne pouvait pas se voir parcourir par un sentiment comme l’appréciation ou le dégoût, il se trouvait ainsi parfaitement incapable d’avoir des préférences et ainsi des goûts. Evidemment, il était toujours un homme, et ainsi, cela semblait aller de paire avec ces sensations mais son conditionnement avait été tel qu’il n’avait jamais vraiment eu le choix de savoir s’il « aimait » ou non.

    L’amour, quel que soit le sens qu’on lui accordait même aux valeurs matérielles, était avant tout un sentiment, si bien qu’il s’y était donc toujours refusé. Il n’avait pas à « aimer » ou détester quelque chose, ou même quelqu’un, il se contentait uniquement de faire ce qu’on lui disait de faire, de poursuivre le but qu’on lui avait donné, d’appliquer ce qu’on lui avait appris. Il n’y avait pas de mode de fonctionnement plus simple que celui d’une machine et depuis qu’il était tout petit, on avait habitué Gabriel à ne faire que ce que l’on voulait de lui et non ce que lui attendait de lui-même.

    Il fallait également ajouter à cela tel un détail que Gabriel se sustentait de l’essentiel. Il se nourrissait, pour ainsi dire, très peu. Il ne se comportait pas comme un être humain normal, et autant dire que trois repas par jour n’était pas du tout de son devoir. Il n’avait guère besoin de tous les groupes d’aliments, il n’avait pas besoin de toutes les vitamines dites « nécessaires ». En d’autres termes, il mangeait par nécessité de vie, mais n’avait jamais eu le « plaisir » de manger ou quoi que ce soit qui s’en rapporte. Et boire était de même. Jamais il ne commandait quoi que ce soit dans un bar.

    Ceci étant, Gabriel n’avait pas la sensation - s’il le pouvait – qu’elle disait cela en toute innocence. Il ne lui fallut que quelques secondes pour sélectionner ses souvenirs et les informations qui le composaient. L’avantage de ne pas prendre la peine de penser était bien qu’il pouvait ainsi toujours revenir en arrière avec une nette clarté qui ne sera jamais obstrué par des réflexions denses et éparses. Une fois qu’il pue visionner dans son intégralité ce souvenir, il s’exprima à nouveau :

    - Je n’ai pas bu par devoir mais par automatisme.

    Oui, il savait exactement ce qu’elle voulait savoir. Gabriel était souvent comparé à une machine et il ne faisait aucun doute qu’en partie il l’était certainement. N’ayant aucunement à sélectionner ce qu’il pouvait «préférer» il se servait des automatismes qu’on lui avait allégué comme «normaux» dans une vie en société. Il s’agissait principalement d’un thème regroupé sous le nom de « courtoisie et politesse élémentaire » et accepter ce qu’on lui proposait avec générosité au sein de Manticora Corporation faisait partie ainsi de ses attributions. Il appréciait et n’appréciait pas le thé, ce n’était même pas une question qu’il se posait, c’était seulement une fonction.

    Il tourna à l’angle pour la énième fois depuis plus d’une demi heure, et continua sa route, qui pouvait sans doute paraître sans fin. Gabriel ne le ressentait pas ainsi. Et, en réalité, il ne le ressentait pas du tout. Il accéléra quelque peu, et continua son chemin, s’arrêtant de temps à autre devant quelques véhicules plus ou moins lents et maladroits. Il poursuivit ainsi son chemin pendant cinq bonnes minutes avant de tout simplement s’arrêter net et tranquillement devant le loft de Clochette. Fixant toujours la route au travers du pare-brise, il déclara :

    - Nos routes se séparent.
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Clochette Delinmaar
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Dim 6 Jan - 20:54

    Clochette sourit encore à sa réponse. Il avait l’habitude de répondre par paradoxe… Toujours une réponse courte, concise, neutre, mais étrange. Il fallait réfléchir pour comprendre ses dires. Elle était beaucoup moins automatisée que lui. Elle avait été moins réussie. Un silence se fit, et elle continua de regarder la route. Gabriel la ramenait chez elle. Il était galant. Elle sourit, et lorsqu’il lui parla d’automatisme, elle tourna la tête, surprise. Elle était vraiment abasourdie. Il se souvenait de leur rencontre ? Cette entrevue d’une heure à peine, qui avait eue l’air de l’indifférer plus qu’autre chose ? Gabriel avait une mémoire incroyable ! Elle avait fermait la bouche par élégance, mais elle était coite. Ca lui faisait néanmoins plaisir, mais elle savait que Gabriel trouverait cette satisfaction inutile. Elle essayant tant bien que mal de cacher son sourire. Elle savait que pour Gabriel, il était normal d’avoir un souvenir aussi précis, mais elle, ça lui faisait plaisir. Dire qu’il se souvenait de leur rencontre.. Elle avait vraiment l’impression d’être importante pour une fois. C’était un sentiment très étrange. Réconfortant, satisfaisant et à la fois.. Gênant. Elle frissonna. Elle avait vraiment l’impression d’être une personne à part entière. Quelle sensation déstabilisante. Elle passa ses mains sur ses épaules, et essaya de se réchauffer. Finalement, Gabriel s’arrêta. Ils étaient devant chez elle. Elle avait vu juste, il la raccompagnait chez elle. Il pleuvait toujours, et Gabriel lui déclara que leurs routes se séparaient… enfin, jusqu’à ce qu’elle ai à nouveau besoin de lui. Elle sourit, et, usant de ses connaissances dans le registre « politesse et courtoisie élémentaire », se pencha pour l’embrasser sur la joue. Elle avait déposé un baiser frêle, timide. C’était par politesse. Elle lui sourit et murmura :

    -« Merci. »

    Elle se retourna, et, sortant de la voiture, grelotta de nouveau. Elle se mit à courir, pour arriver sous le porche de son immeuble. Elle s’approcha des portes blanches, et, cherchant la clé dans les poches de sa robe, blêmît. Elle ne les avait pas. Elles étaient dans le manteau qu’elle avait jugé « utile » d’abandonner au milieu de la chaussée. Son porte-feuille aussi y était. Quelqu’un devait le lui avoir piqué depuis. Elle hésitait. Elle ne pouvait pas rentrer, et son charme ne lui servait à rien au travers d’un interphone. Soupirant, elle réfléchis. Elle pouvait encore aller demande à un passant de l’héberger chez lui. Non, évidemment, il faudrait qu’elle couche avec. Son charme suffirait au début, mais il en réclamerait plus. Elle se tourna vers la voiture, qui n’avait pas encore démarré, et alla jusqu’à elle. Elle ouvrit la portière et s’assit. Autant ne pas rester dehors. Elle tremblait, et, hésitante, finit par regarder Gabriel avec un air désolé.

    -« Mes clés étaient dans la veste que j’ai laissé au milieu de la rue.. Je suis même pas sûre qu’elle y soit encore cette veste d’ailleurs… »

    Elle resta là, à regarder le jeune homme, sans rien dire. Il devait réfléchir au meilleur moyen de l’éjecter de la berline sans se montrer violent ou blessant. Elle détourna son regard, ne voulant pas se montrer trop insistante. Finalement, elle continua de regarder la pluie s’écouler, marteler les vitres… C’était si calme. Pourtant, elle se sentait mal, et elle espérait se réveiller amnésique demain matin. Cette journée était si étrange. Elle n’avait jamais vraiment parlé à Gabriel avec autant de sérieux. Ils ne s’étaient d’ailleurs jamais beaucoup parlé. Néanmoins, il semblait être quelqu’un de complexe, et si il avait eu des pensées, Clochette aurait tout fait pour les connaître. Peut-être en avait-il, mais elle savait se tenir et ne lui demanderait pas ce à quoi il songeait.. Elle finit par soupirer et contempla sa amin. Elle saignait toujours. Peut-être devrait-elle mettre un bandage… Elle avait vraiment eu un coup de folie ce soir. Pourquoi était-elle aussi étrange ? Pourquoi avait-elle cette constante obsession à essayer d’être heureuse. Certes, ce n’était pas en se charcutant la main qu’elle serait la plus heureuse des jeunes filles, mais ça lui avait permis de ne pas divaguer, de ne pas dépasser la ligne rouge. C’était la première fois qu’elle était obligée de faire ce genre de chose pour garder une certaine « clarté » d’esprit. C’était étrange, ça s’était déclenché tout seul. Sans qu’elle ne fasse rien pour. Peut-être que cela allait recommencer. Jusqu’ou devrait-elle s’entailler la main pour que ça s’arrête. Si elle s’écartait du « droit chemin », Gabriel la tuerait-il ? Non, pas si on ne lui en donnait pas l’ordre.. Et si on lui en donnait l’ordre, l’exécuterait-il ? … Evidemment. Il fallait qu’elle arrête de se poser des questions… étonnamment, elle repensait à tout ça avec beaucoup moins de gêne que tout à l’heure, et il lui semblait presque envisageable de trahir Manticore Corporation. Rapide, soudaine, elle se gifla. Violemment et sèchement. Le claquement retentit dans la voiture, et, elle continua de regarder la route. Ca joue avait rougis, et il était assez étrange qu’elle continue de regarder le pare-brise, sans broncher. Elle l’avait fait naturellement, pour se remettre les idées en place. Penser à trahir Manticore Corporation était totalement fou, et elle devait chasser ces mauvaises pensées de son esprit. Elle continua de fixer la pluie qui tombait. Qu’est-ce qu’elle allait faire ? Elle n’avait plus les clefs de son appartement, elle n’avait presque plus envie d’obéir sagement. Elle n’avait plus rien… Avait-elle déjà eu quelque chose au moins ? Aucune idée. Elle continua de regarder devant elle, songeuse.
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Dim 6 Jan - 21:18

    Gabriel n’eut pas l’ombre d’une réaction à ce baiser, pour ne pas changer. Il ne lui accorda même pas un seul regard et fixait toujours aussi intensément cette route où la pluie battait violemment le sol sans qu’il n’y ait aucune franche raison pour que cela cesse. Il n’avait rien à ressentir, penser, voir ou dire, et il se contentait encore une fois de rester totalement de marbre, peut être finalement un peu perdu dans son indifférence native, mais pouvait-on seulement l’en blâmer ? Quoi qu’il en soit, il était toujours et surtout encore interdit, et lorsqu’elle le gratifia d’un remerciement, il n’ajouta toujours rien.

    La reconnaissance. Il ne savait pas quel était ce sentiment, et peu lui importait d’ailleurs. Personne ne le remerciait jamais de faire quoi que ce soit, ou presque évidemment, et cela ne l’indisposait pas du tout, bien au contraire. Il exécutait ce qu’il croyait bon, et se complaisait si l’on peut dire à le réitérer si le besoin se faisait sentir. La majeure partie du temps, il savait cependant s’excuser quand il pouvait manquer à un devoir ou à une demande, et ce n’était là encore pas le fruit de la culpabilité qu’il n’était pas en mesure de concevoir mais seulement un code d’étique, s’associant aux principes de vie en société.

    Gabriel la laissa sortir, alors qu’il fixait encore et toujours la route devant lui. Il fallut quelques secondes de plus – temps durant lequel le vent s’engouffra dans la berline – pour qu’elle referme la porte plus ou moins sèchement. Toujours les mains sur le volant, il émit un geste dont il ne se crut pas immédiatement capable. Il tourna la tête doucement vers la vitre teintée pour y voir Clochette s’éloigner et joindre la porte qui servait d’entrée. Sans se résoudre à démarrer, il se contenta de l’observer ainsi, comme s’il pouvait attendre qu’elle disparaisse de son champ de vision pour pouvoir s’en aller.

    Il n’eut pas à le faire – et il fit peut être même bien de ne pas partir – alors qu’elle revenait à la hâte vers lui. Gabriel reporta son attention sur la route avant qu’elle n’ait pu entrer dans la voiture, et ne songea même pas à s’interroger sur la raison de ce retour inattendu. Silencieux, il se contenta pour la énième fois de l’écouter et de considérer ses propos. Tout semblait évident, et, malheureusement, la chance – ou plutôt une autre force plus humaine – jouait contre eux. Plutôt contre elle et lui. Oui, c’était la même chose mais il n’existait pas vraiment un « eux » qui tiennent quand il était compris dedans.

    Pendant quelques secondes, Gabriel mit en marche son esprit d’automatismes de façon à trouver une planification appropriée à la situation, ce qu’il ne manqua d’ailleurs pas de faire en seulement quelques secondes. Alors qu’il allait redémarrer et visiblement embrayer, le bruit sec et sonore d’une gifle retentit dans la berline. Quoi qu’il s’arrête dans son élan, Gabriel ne prêta pas un regard à Clochette. Premièrement parce que cela ne le regardait pas, et ensuite parce qu’il semblait pourvu d’assez de subtilité pour justement en avoir conscience. En tous les cas, il ne dit rien.

    Il embraya et repartit sans un mot. Cela faisait au moins dix bonnes minutes qu’il n’avait rien dit, et cela n’avait rien d’étrange ou d’anormal, bien au contraire, surtout que lorsqu’il parlait, c’était surtout grâce à des phrases courtes et significatives et non des discours interminables. Les longes élocutions n’étaient pas de son œuvre, les préceptes il les assimilait il ne les dispensait pas, et ce n’était guère plus mal. Il tourna à gauche à la première intersection avant d’enfin s’accorder une réplique simple :

    - Je te conduis chez moi.

    Cela pouvait paraître anodin, et même très simple, mais c’était en réalité bien plus compliqué. Entrer chez Gabriel Kellermann, c’était entrer dans un monde parallèle totalement différent, comme s’il n’avait jamais été vraiment humain. Il fallait d’ailleurs le voir pour le croire, ceci étant, personne ne pénétrait jamais dans son appartement, et lui-même n’y allait que la nuit, et encore, pas tous les jours.
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Dim 6 Jan - 22:48

    Etonnée, Clochette entendit le moteur ronronner de nouveau. Gabriel semblait prompt à repartir, elle avec. Il démarra et ils s’en allèrent. Elle tremblait toujours, et, sentant de nouveau le chauffage contre sa peau, elle ferma les yeux et sourit. Quelque part, elle était rassurée. Elle ne voulait pas rester seule. D’habitude, ça ne la gênait pas. Elle était assez solitaire en somme, et en jouant la comédie, apprenait à gérer ses sentiments et émotions. Mais là, c’était comme si elle sentait que ça vie s’arrêterait lorsqu’elle sortirait de ce véhicule. Et finalement, elle tenait à sa vie. Elle continuait de fixer la route, imperturbable. IL devait bien être prés de deux heures du matin maintenant. Elle avait prévenu qu’elle n’irait pas travailler demain, et il ne lui restait pas beaucoup de temps pour dormir. Gabriel lui annonça alors qu’il la conduisait chez lui. Elle ut un air intrigué. Chez lui ? Gabriel avait un chez lui ? C’était normal, évidemment, mais ça semblait étrange. Gabriel avait une habitation. Est-ce qu’il l’avait décorée ? La décoration traduisait souvent la personnalité de quelqu’un. Clochette décorait souvent son appartement selon la personne qu’elle incarnait. Elle jouait le jeu à merveille. De plus, savoir que Gabriel consentait à l’amener chez lui faisait bizarre. C’était comme si elle avait passé un test d’aptitude, et qu’elle était digne de pénétrer dans le monde du jeune homme. Enfin, c’était peut-être autre chose… Peut-être que Gabriel n’accordait strictement aucun importance à qui entrait chez lui ou non.. Quoiqu’il en fut, elle en était plutôt heureuse. Si Gabriel l’y autorisait, elle passerait le reste de la journée chez lui, et appellerait la boîte pour savoir si on avait retrouvé son manteau. Sinon, elle appellerait un serrurier. Mais ce qu’elle allait d’abord faire, ce serait prendre une douche. Une bonne douche chaude. Elle soupira de plaisir en y pensant. Elle avait finalement hâte de sortir de cette voiture. Sa vie ne s’y limitait donc pas… Quel était donc le point commun entre la voiture de Gabriel et l’appartement de Gabriel ? Gabriel peut-être… Sa vie se limitait à Gabriel ? Non, quand même pas. Elle était juste contente de ne pas être seule encore une fois. Elle aurait peut-être dû le remercier, mais celui-ci semblait ne pas vraiment vouloir de remerciements.


    .. Il fallait vraiment qu’elle mette un bandage. Ses plaies saignaient toujours, et elles ne semblaient pas vouloir se calmer. Elle finit par soupirer et tenta de sourire. Gabriel lui offrait un endroit ou dormir, elle n’allait pas se plaindre ! Elle passa une main dans ses cheveux. Ils étaient trempées, comme elle d’ailleurs. Elle en restait étonnamment belle. C’est vrai qu’elle était plutôt jolie comme fille. Très jolie même. Pourtant elle ne se sentait pas si exceptionnelle que ça. Elle ne se trouvait pas de défauts particuliers, elle se savait belle, mais pas autant que tout le monde le lui disait. Elle avait un beau visage, de beaux cheveux, et un beau corps. Mais elle n’était pas la seule. Pas que ça la gênait, juste qu’elle trouvait ça aberrant que l’on s’extasie et qu’on l’apprécie, juste parce-qu’elle était plus belle que la moyenne. Elle n’allait évidemment pas demander son avis à Gabriel, car c’était bien la dernière chose sur laquelle elle oserait le questionner… Bien qu’elle ne prêtait pas autant d’importance à son apparence que les autres serveuses du club, elle aimait s’habiller. « Aimait ». C’était étrange. Cependant, choisir ses habits selon la personne qu’elle était ; était amusant. Elle avouait que se voir belle dans le miroir était plutôt gratifiant, et quand elle sortait de chez elle avec une apparence jalousée, elle était plus ou moins fière. Elle aimait qu’on la regarde. Pas trop, pas avec insistance, pas bizarrement, mais qu’on lui prête un peu d’attention. Le regard en coin d’un charmant jeune homme lui faisait plaisir. Mais elle aimait la discrétion. Pour l’heure, ses cheveux étaient coupé courts, et tombaient dans son cou, blonds à racines brune. Ils étaient superbes, mais pas autant que son visage. Celui-ci se fendait souvent d’un superbe sourire, qui était assez impressionnant. Peu de sourire étaient aussi beau que le sien, et la voire heureuse était… vivifiant. Elle souriait d’ailleurs assez régulièrement. Encore faut-il le mériter, mais Gabriel, bien que n’en ayant nullement l’intention, arrivant à la réjouir. Elle l’aimait bien, et elle souriait plus en se présence qu’en la présence d’autre personne. Bien sûr, elle était hypocrite et jouait un jeu de parfait comédienne face aux autres, mais avec lui c’était sincère. Elle était heureuse, vraiment. Ca ne la dérangeait pas. Qui avait dit qu’elle n’en avait pas le droit ? Souriant toujours, avec et air naïf, elle s’accola de nouveau à la vitre. Elle était vilaine. En plus de ressentir des émotions, elle en ressentait des mauvaises. Le désir notamment. Elle avait régulièrement fait l’amour avec quelqu’un volontairement. C’était mal. Avait-elle le droit ? Etait-ce si mal ? Etait-ce normal ? … Elle se questionnait, et, bizarrement, elle décida de questionner Gabriel, ne regretta ses paroles qu’après avoir posé sa question :

    -« … Tu crois que j’ai tort de continuer de désirer certains hommes alors qu’on ne me l’a pas demandé ? Tu crois que j’ai tort de ne pas m’en empêcher ? »

    ll lui avait tout à l’heure dit qu’elle avait tort, et avait donc émit un jugement. Peut-être en émettrait-il un autre.
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Lun 7 Jan - 20:21

    Il n’avait jamais conduit personne jusqu’à chez lui, et, pour autant qu’il s’en souvienne – ce qui était certain à presque 100% - personne n’était jamais venu non plus de son initiative. Gabriel ne collectionnait pas vraiment les amis, et même pas du tout, quant à ce qui relevait de relations purement spontanés, ce n’était jamais arrivé dans sa vie, si bien que personne ne côtoyait cet endroit à part lui. Pour le jeune Kellermann, son appartement était d’une grande simplicité, évidemment, il n’avait pas de goûts à proprement parler, si bien que tout ce qui semblait « normal » était parfaitement convenable, mais ce n’était pas nécessairement de même pour tout le monde. Ce n’était, de toute façon, pas important, et il n’envisageait même pas la question, pour dire vrai.

    Semblant reparti de nouveau pour une conduite interminable mais qui n’avait pas de durée en son sens, il prenait certaines intersections, non sans une certaine prudence, comme si chaque automatisme lui permettait de conduire dans une position optimale et le plus prompt possible, sans pour autant enfreindre une seule loi, ou plutôt convention de conduite. Car, quoi qu’il arrive, jamais Gabriel n’enfreignait aucune seule règle, ou alors, lorsqu’il le faisait – le meurtre était encore le meilleur exemple – c’est qu’il se référait aux préceptes qu’on lui avait indiqué à Manticora Corporation et qui surpassait tout autre règlement quel qu’il soit.

    Gabriel ne prêtait guère plus d’attention à Clochette qu’auparavant. Evidemment, si elle se mettait à dire ou faire quoi que ce soit, il aurait une réaction ou, tout du moins, il aurait toute conscience de ce qu’elle faisait, étant donné qu’il n’était jamais totalement indifférent mais qu’il ne le montrait pas. Il fixait toujours la route, sans un regard en biais, comme si rien ne pouvait venir le perturber. Il ne se sentait pas dans le besoin de lui accorder un regard ou un mot, il n’avait nullement la nécessité de s’exprimer et elle pouvait le comprendre. Quoi qu’il arrive, Gabriel était déjà très peu éloquent. Il parlait, pour ainsi dire, seulement lorsqu’une autre alternative n’était pas envisageable.

    La question qu’elle lui accorda ne pue surprendre Gabriel, mais elle avait le caractère de quelque chose d’évidemment inattendue. Elle lui demandait tout simplement son avis, et, comme toujours, il n’en avait pas. En tous les cas, qu’il soit en mesure d’apporter une sorte d’opinion ne représentait rien qui lui appartienne, car tout n’était qu’informations qu’il avait usurpées à ces précepteurs, et qui ne lui étaient donc pas appropriées. Ainsi dit ou pensé, il avait évidemment l’ombre d’une réponse et même la réponse complète, et elle serait bien évidemment fixée sur ce que pourrait ainsi en penser Manticora Corporation elle-même.

    - Tu es un être humain. Tu as des désirs.

    Evidemment, on pouvait ainsi s’intéresser à lui, car il en était également un, mais les choses étaient sensiblement différentes, dans le sens où il avait été conditionné dans des mesures plus confinées et plus surveillées. Ainsi, on lui avait appris à renier en partie ses caractères « humains » pour lui imposer des préceptes plus significatifs et divergents. Il conduisait toujours, mais ne semblait pas totalement en avoir fini, et il émit d’ailleurs quelque chose qui semblait un peu plus personnel qu’un précepte :

    - Est-ce mal ? Non.

    On ne pouvait guère être plus explicit. Il finit ensuite par se murer au silence, et sans jamais avoir posé les yeux sur elle, il revint totalement imperturbable même si, seules, ses lèvres avaient bougé jusqu’à maintenant. De toute façon, il ne restait plus qu'une centaine de mètres.
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Clochette Delinmaar
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MessageSujet: Re: Identification || PV Gabriel   Ven 11 Jan - 21:45

    [H.J : Désolée du retard Embarassed ]


    ... Clochette écouta Gabriel avec intérêt. Il lui distillait ses conseils avec parcimonie, mais ceux ci étaient toujours indubitablement lucides. Elle avait l’impression que tout ce qu’il lui disait était une vérité profonde et établie, comme si il lui rabâchait des évidences dont elle était la seule qui en doutait. Elle soupira, étant néanmoins soulagée par l’« avis » de Gabriel. Elle sourit gentiment. Elle n’était donc pas monstrueuse et mal éduquée. Enfin, « éduquée » n’était pas le terme exact. Elle se passa de nouveau la langue sur les lèvres et tira sa sacoche en jean contre elle. Elle l’ouvrit et se décida à en déballer le contenu sur ses genoux. Secouant le sac, il en tomba respectivement : un chewing-gum, du fil dentaire, des préservatifs, un portable et un poudrier. Elle piocha ce dernier, et, l’ouvrant, contempla son reflet dans le petit miroir. Elle était jolie, comme d’habitude. Seulement, la bonde était trempée, et ça lui donnait un air égaré. Elle soupira et replaça quelques mèches de cheveux dans l’ordre. Elle fit un faux sourire à l’intention de son reflet, et, satisfaite de son apparence des plus normales, jugea qu’elle était assez bien pour pouvoir être sujette à une conversation avec qui que ce soit. Elle attrapa ensuite le chewing-gum et, le sortant de son petit emballage de papier, se mit à le mastiquer en accentuant le bruit que donnait cette action. Elle avait vraiment l’impression d’être un serveuse dans un fast-food miteux. Celle des films. Elle était une caricature ambulante.

    -« Combien de temps puis-je rester chez toi ? »


    Elle l’avait demandé d’un air distrait. Elle espérait juste qu’elle puisse avoir le temps de pouvoir observer l’appartement de gabriel. Elle baissa la fenêtre et jeta son portable. Il se mit réduire en pièce par une voiture un peu trop rapide. Comme ça, elle resterait chez Gabriel jusqu’à ce qu’elle puisse passer un coup de fil. Elle finit par reconsidérer son geste et soupira. Elle avait toujours eu certaines tendances extrémistes. Elle était calme, tout le temps, réfléchie, posée, sûre d’elle, efficace, consciencieuse. Bref, le parfait outil. %Mais il fallait bien qu’à un des meilleurs programmes de Manticore advienne des bugs. Et lors de ces bugs, elle faisait n’importe quoi, comme tout à l’heure. Là aussi, elle n’avait pas vraiment fait attention. Elle finit par partir dans un petit rire silencieux. En ce moment elle doutait. Les bugs de plus en plus fréquents étaient des symptômes avant-coureurs. Elle colla de nouveau son visage à la vitre, plongée dans ses pensées. Elle repensait à avant. Elle avait une vie reposante, hormis le lot quotidien de meurtre dont elle été chargée. On ne l’envoyait en général que sur des affaires de grande importance, nécessitant une grande finesse. Ca, elle savait faire. Elle finit par regarder Gabriel avec un air tout gentillet.

    -« … Il y a peu, j’ai fouillé le bureau de Monsieur le Directeur. Je ne sais pas pourquoi, mais bizarrement, je trouvait ce que je cherchait. Je ne savais pas que je le cherchais, mais quand ce fut entre mes mains, ça a été un évidence. C’est étrange.. Enfin, quoiqu’il en soit, j’ai fouillé les tiroirs, tout ! Et je suis tombée sur mon dossier. Celle que j’étais avant, mes parents, l’avenir que j’aurais pût avoir.. enfin, la personne que j’étais.. Une personne, à part entière, je pense.. Et, c’est étrange, seuls les noms et métiers de mes parents étaient inscrits, aucune autre information à propose d’eux. Ca ne m’a fait ni chaud ni froid, juste.. rien. Je crois que je me fiche totalement de ce qui peut leur arriver, ou de ce qu’il leur est arrivé. Je crois que je ne suis pas assez bien conditionnée pour Manticore, mais trop conditionnée pour une vie normale.. Comme les morts-vivants. Ni mort, ni vivant. Comme si je ne pouvais vraiment être l’un ou l’autre, juste une hybride… J’ai envie d’arrêter tout ça. Je sais que je ne devrais pas te le dire, mais… Je ne sais pas. Ca fait tant de bien de dire ce que je pense.. Voilà, c’est dit : je pense.. »

    Elle l’avait balancé tout ça avec un air dramatique.. Gabriel se souvenait-il de ses parents, lui ? Il avait un si bonne mémoire… Elle en avait vraiment marre d’être aussi étrange. Si elle avait pût ne pas se poser de questions, ça aurait été si simple.. Dabs un autre souffle exaspéré elle lâcha, d’un ton laconique :

    -« .. tu veux bien me tuer ? »
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